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Lettre n° 132 : Nicolas Sarkozy à la reconquête du « chœur médical »



Nicolas Sarkozy s’est donc exprimé, hier soir devant un David Pujadas un peu timoré, avant de confirmer à Eric Woerth, ce matin en Conseil des ministres, tout le bien qu’il pense de son travail et toute sa confiance pour aborder la phase parlementaire de la réforme des retraites. A ses partisans comme à ses adversaires, il a donné rendez-vous fin octobre pour, dans l’ordre, 1/ un remaniement ministériel, 2/ la mise en chantier du financement de la dépendance 3/ la réforme de la médecine libérale…

Avec le secret espoir d’y trouver le petit bois susceptible de rallumer la flamme de l’électeur. On le savait depuis sa visite à l’hôpital local de Brie-Comte-Robert (Seine et Marne) le 6 juillet dernier, mais sa stratégie de reconquête passe donc par la médecine libérale. Ni la stratégie ni le calendrier ne doivent rien au hasard : il y a un précédent que le président de la République, fin stratège, ne peut méconnaitre. Souvenons-nous…

Jacques Chirac l’avait précédé dans la même tactique en 2002 en dépêchant Alain Juppé à l’été 2000 à la même mission de « re-séduction »… On se souvient que son ancien premier ministre avait été à l’origine de la grande « fâcherie » de 1995 et de la Bérézina électorale de 1997. Nul autre que lui n’était donc mieux placé pour renouer avec le corps électoral médical. « Je me suis sans doute trompé », avait-il benoîtement confessé à un parterre de docteurs réunis au siège de l’hospitalisation privée… De ce jour, le locataire de l’Élysée avait retrouvé les bonnes grâces des sondeurs du Quotidien du Médecin jusqu’à s’en faire des alliés dans les urnes.

Nicolas Sarkozy a déjà son légat à l’œuvre, ancienne Jupette au demeurant, et dont les conclusions sont justement attendues dans les premiers jours d’octobre. Pour connaître un peu la personnalité de la missionnaire, on peut penser que ses propositions ne seront pas de pure forme. Prudemment, elle a fait savoir qu’elle attendrait le résultat du scrutin des URPS

(dépouillement le 4 octobre, Ndlr) pour en révéler la teneur.

Or voilà un scrutin qui, au delà de sa vocation première – envoyer des représentants dûment mandatés administrer les URPS* – livrera une photographie en temps réel de l’état d’esprit médical. En axant toute sa campagne électorale sur l’hostilité à la politique gouvernementale, la CSMF servira donc de thermomètre et son score livrera la vraie mesure du problème.
On remarquera que Nicolas Sarkozy ne s’est pas engagé, hier soir, à résoudre les problèmes de la santé, ni même de l’assurance maladie mais seulement à réchauffer un peu « les vocations libérales ». Le reste pourra (encore) attendre le second quinquennat.

Reste une question : la stratégie est-elle politiquement pertinente ? Le corps médical peut-il avoir un rôle si déterminant dans l’issue d’un scrutin national ? On a vu que Jacques Chirac a eu, sur le sujet, un avis fondé après ses déboires de 1997. VGE, qui s’était fâché avec les blouses blanches un après-midi du printemps 1980 sur le pont Alexandre III pourrait le partager et peut-être même Lionel Jospin pour avoir refusé la promesse du C à 20€ avant son rendez-vous fatal de la présidentielle de 2002 !

Si les médecins ne balisent, pas plus que d’autres, la voie royale de la victoire, ils sont plus souvent en situation de la compromettre. Et Nicolas Sarkozy dont le tropisme pour les sujets de santé est indéniable, le sait. Ne serait-ce qu’au delà d’une curiosité dont il ne s’est jamais caché, sa fratrie l’y pousse avec un frère médecin (François, son cadet) et un autre (Guillaume, son aîné) à la tête d’une des entreprise les plus dynamiques en complémentaire, le groupe Malakoff Médéric après avoir présidé la Commission sociale du MEDEF

(et « vice-présidé » la CNAM d’avant la réforme Douste/Bertrand).

Le thème et les acteurs, leur influence positive ou négative, font donc partie de ces sujets dont le président nourrit ses conversations de loisirs familiaux dont on sait qu’ils sont aussi importants dans la vie d’un quinquagénaire que son miroir du matin au moment du rasage !

* Union Régionale de Professions de Santé : les médecins voteront donc le 29 septembre, les autres professions (dentistes, kinés, infirmières, pharmaciens) le 16 décembre



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